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Data centers : l'eau qu'ils boivent, vraie ou fausse polémique ?

Verdict : À moitié

Par Valentin Fouilloud · Publié le 5 novembre 2026 · 3 min de lecture

Quarante-et-un carrés alignés, quarante en vert pour les mesures contre les data centers adoptées, un seul gris pour l'exception.
Illustration : Tech ou Toc

Le 3 novembre 2026, des électeurs américains ont voté sur 41 mesures locales qui limitaient les data centers. Ils en ont adopté 40. L'eau et l'électricité sont les deux grandes craintes. Mais « un data center boit des millions de litres » est vrai… ou faux, selon le système de refroidissement.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 3 novembre 2026, dans 10 États américains, 40 mesures locales sur 41 qui freinaient les data centers ont été adoptées (analyse de CNBC à partir de Ballotpedia).
  • Un data center géant d'1 gigawatt peut consommer jusqu'à 10 millions de gallons d'eau par jour (environ 38 millions de litres), mais seulement dans certaines conditions.
  • Un refroidissement « en circuit fermé » utilise très peu d'eau. Le refroidissement par évaporation peut en perdre énormément les jours de canicule.
  • On ne sait souvent pas ce que consomme chaque site : beaucoup d'entreprises ne donnent qu'un chiffre global.

Un vote très net

Au total, 41 mesures étaient soumises aux électeurs dans 10 États. Plus de la moitié (21) se trouvaient en Ohio. Les autres étaient réparties entre la Californie, la Floride, l'Illinois, le Kansas, le Maine, le New Jersey, le Nevada et le Wisconsin. Une seule a fait exception : à Harwood, dans le Dakota du Nord, les électeurs ont refusé un examen supplémentaire des projets industriels, data centers compris.

CNBC ne donne pas les pourcentages de chaque vote. Attention aussi : ce sont des votes locaux, dont la portée varie d'une commune à l'autre. Dans un sondage CNBC, 56 % des électeurs disaient que les data centers avaient beaucoup pesé dans leur choix.

L'eau : combien, vraiment ?

Shaolei Ren, chercheur à l'université de Californie à Riverside, estime qu'un data center d'IA d'1 gigawatt peut consommer jusqu'à 10 millions de gallons d'eau par jour. Un gallon américain fait environ 3,8 litres : ça donne autour de 38 millions de litres. À 150 litres par personne et par jour, c'est de quoi couvrir les besoins de plus de 200 000 habitants. Ce calcul est le nôtre, pas celui de CNBC.

Mais ce chiffre est un maximum. Tout dépend du matériel, du lieu et du refroidissement.

Trois façons de refroidir

  • Liquide en circuit fermé : l'eau tourne en boucle autour des puces. Les puces d'IA en ont besoin, et ce système consomme très peu d'eau. Un responsable d'Equinix, un opérateur de data centers, affirme que l'eau refroidit environ 3 000 fois mieux que l'air.
  • À sec : presque pas d'eau, mais plus d'électricité, surtout quand il fait chaud.
  • Par évaporation : peu d'électricité, mais beaucoup d'eau perdue les jours les plus chauds.

Beaucoup de sites mélangent ces méthodes. Celui d'Equinix à San Jose refroidit à sec quand il fait frais, et par évaporation quand il fait chaud.

Ce que disent les grands noms

  • Meta, Lebanon (Indiana), 1 GW : l'entreprise explique que l'eau recircule et qu'elle n'en utilise quasiment pas la plupart de l'année. Son cabinet d'avocats évoque pourtant une autorisation allant jusqu'à 8 millions de gallons par jour en 2031. Meta répond que ce serait un pic, atteint « rarement ».
  • Colossus 1 à Memphis (SpaceX) : autorisation de 1,28 million de gallons par jour (environ 4,8 millions de litres), pas encore atteinte selon le fournisseur local. Une usine de recyclage de l'eau, promise à 80 millions de dollars, est à l'arrêt depuis avril 2026.

Sur ce dernier site, les turbines à gaz font aussi l'objet de poursuites, comme on l'expliquait dans le procès des turbines à gaz de xAI.

Pourquoi c'est si dur à mesurer

Les opérateurs publient souvent l'eau consommée pour l'ensemble de leurs sites, pas site par site. Equinix, par exemple, ne détaille pas ses sites. Son total était de 1,2 milliard de gallons en 2025, soit 10 % de plus qu'en 2024. Sans chiffres locaux, les habitants ne peuvent pas vérifier ce que promettent les entreprises.

Alors, ça change quoi ?

Verdict à moitié : oui, certains data centers peuvent consommer énormément d'eau, mais pas tous, et pas tout le temps. Le vrai problème, c'est le manque de transparence. C'est aussi un levier d'action : OpenAI a promis de couper 1 000 MW de son data center en Géorgie quand le réseau est tendu, preuve que la pression locale fait bouger les entreprises.

Ces votes ne bloquent pas tout : ils compliquent surtout de nouveaux projets dans les communes concernées. À suivre dans les mois qui viennent : les données par site, et les règles locales qui les exigeront.

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Préparé avec l'aide de l'IA à partir des sources, puis relu et validé par Valentin Fouilloud avant publication. Comment on travaille

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