PostgreSQL 19 en retard : l'IA trouve trop de bugs d'un coup
On entend souvent que l'IA va écrire du code à notre place. Voici l'effet inverse, et il est moins connu : elle sait aussi retrouver les erreurs cachées dans du code très ancien. Résultat concret en 2026 : PostgreSQL, l'une des bases de données les plus utilisées au monde, va sortir sa version 19 en retard à cause de ça.
Ce qu'il faut retenir
- Dans un billet du 30 octobre 2026, Robert Haas, développeur de PostgreSQL, explique que la version 19 est en retard à cause des bugs découverts par des IA.
- Elle sortira très probablement en novembre, alors que les versions des dix dernières années sont sorties entre mi-septembre et mi-octobre.
- Les corrections ajoutées à la version en préparation ont augmenté de plus de 60 % par rapport à l'an dernier.
- Pas de panique : selon Haas, le code reste parmi les plus propres qu'il ait vus.
- La vraie question : comment continuer à innover quand on doit d'abord réparer quarante ans de bugs ?
PostgreSQL, c'est quoi ?
C'est un logiciel qui stocke et retrouve des données (comptes d'utilisateurs, commandes, messages...). Il est gratuit, développé par des bénévoles et des entreprises, et utilisé par une énorme quantité d'applications et de sites. Tu l'as très probablement croisé sans le savoir.
Chaque année, une nouvelle version majeure sort. Le calendrier est assez rigide : les nouveautés sont figées début avril (le « feature freeze », le 8 avril chaque année), puis on teste et on corrige jusqu'à l'automne.
Ce qui s'est passé
Haas explique que les bugs ont toujours existé dans un projet aussi vieux, dont l'histoire dépasse trente ans. Ce qui a changé : ils sont devenus beaucoup plus faciles à trouver, grâce aux modèles de langage (LLM). Les corriger est devenu plus facile aussi, mais moins que de les repérer.
Résultat, trois grosses fonctions ont dû être retirées tard dans la phase de test, entre le 27 août et le 15 septembre : une commande pour modifier ou supprimer une partie d'une période de temps dans les données, la prise en charge des requêtes de graphes en SQL, et des commandes pour fusionner ou découper des partitions de tables. Retirer des fonctions juste après le gel d'avril arrive, mais pas trois grosses d'un coup si tard.
Les chiffres
Haas compare la même période (du 8 avril au 25 septembre) en 2025 et en 2026 :
- Corrections ajoutées à la version en préparation : 724 en 2025, 1 169 en 2026, soit plus de 60 % de plus.
- Corrections appliquées aux versions plus anciennes : 248 contre 433, soit plus de 74 % de plus.
Il pense que ce n'est pas que les développeurs font plus d'erreurs : ils ont été aussi prudents que d'habitude, mais les IA ont trouvé beaucoup plus de leurs erreurs.
Pourquoi ça prend du temps
Haas donne deux raisons, que l'on peut résumer ainsi.
Chaque bug demande plus de temps. Un correctif proposé par une IA n'est pas toujours juste, ni conforme aux règles du projet. Un humain doit relire, valider et intégrer.
Le temps de relecture est détourné. Les bugs de sécurité et les corrections pour les anciennes versions ont pris la place d'autres tâches, ce qui a ralenti la décision de retirer ou non certaines fonctions avant la sortie.
Alors, ça change quoi ?
Pour toi qui utilises des applis : probablement rien de visible. Un retard de quelques semaines pour une version plus solide, c'est plutôt rassurant.
Mais le signal est plus large. Haas écrit que chaque nouvelle fonction sera désormais examinée par des IA, et que des défauts qui passaient inaperçus pourraient sortir en quelques heures. C'est une bonne nouvelle pour la sécurité, et un casse-tête pour les équipes, souvent bénévoles, qui doivent trier un flot de signalements.
D'après Numerama, la sortie de PostgreSQL 19 est calée au 19 novembre 2026, mais Haas lui-même dit qu'elle pourrait encore glisser. À surveiller : si les autres grands projets open source (Linux, Firefox...) connaissent le même phénomène. Pour la suite, rien n'est joué : Haas avoue lui-même ne pas savoir comment le projet va rattraper son retard tout en continuant d'innover.
Préparé avec l'aide de l'IA à partir des sources, puis relu et validé par Valentin Fouilloud avant publication. Comment on travaille