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Altermagnétisme : un 3e type de magnétisme enfin prouvé ?

Par Valentin Fouilloud · Publié le 4 novembre 2026 · 3 min de lecture

Trois colonnes comparant les flèches de spin : alignées dans un ferromagnétique, opposées dans un antiferromagnétique, opposées avec un cristal tourné dans un altermagnétique.
Illustration : Tech ou Toc

Aimants de frigo d'un côté, matériaux « sans magnétisme apparent » de l'autre : depuis environ 90 ans, les physiciens rangent les matériaux magnétiques dans deux familles. Des chercheurs du laboratoire américain SLAC viennent de confirmer l'existence d'une troisième, l'altermagnétisme, dans un cristal de tellurure de manganèse. La découverte est solide, mais les applications, elles, restent à construire.

Ce qu'il faut retenir

  • Jusqu'ici : les ferromagnétiques (comme un aimant) et les antiferromagnétiques (aucun champ à l'extérieur).
  • Les altermagnétiques ressemblent aux seconds de loin, mais se comportent différemment de près : c'est la troisième famille, nommée en 2022.
  • La preuve, publiée dans la revue Science, vient d'expériences aux rayons X sur un seul matériau, le tellurure de manganèse (MnTe).
  • L'espoir : des mémoires et des puces plus rapides et plus sobres en énergie.
  • Aucun calendrier n'est annoncé : il faut d'abord apprendre à contrôler ces états avec la lumière et l'électricité.

Rappel express : le magnétisme, c'est des « spins »

Chaque électron se comporte comme une minuscule boussole, qu'on appelle son spin. Selon la façon dont ces boussoles s'orientent les unes par rapport aux autres, le matériau se comporte différemment.

  • Ferromagnétique : tous les spins pointent dans le même sens. Leurs effets s'additionnent, ça donne un aimant (fer, aimant de frigo).
  • Antiferromagnétique (identifié en 1933) : les spins voisins pointent en sens opposés et s'annulent. Pas de champ magnétique à l'extérieur.

Les altermagnétiques ressemblent aux antiferromagnétiques : les spins alternent aussi. Mais le réseau d'atomes autour est tourné d'une région à l'autre. Cette petite différence casse une symétrie, et change tout.

Pourquoi c'est intéressant pour l'électronique

L'électronique de demain pourrait utiliser le spin des électrons en plus de leur charge électrique : c'est la « spintronique ».

Le dilemme actuel est le suivant. Un ferromagnétique est facile à lire, mais un champ extérieur peut faire basculer ses données par erreur. Un antiferromagnétique résiste à ces perturbations, mais il est difficile d'en extraire de l'information.

Un altermagnétique promet de réunir les deux : pas de champ net à l'extérieur, donc une bonne stabilité, mais la possibilité de produire des courants de spin qui permettent de lire l'information. Selon les chercheurs, cela ouvre la voie à des ordinateurs plus rapides, des mémoires avancées, des data centers plus économes en énergie et des composants pour l'informatique quantique.

Comment ils l'ont prouvé

L'équipe, menée par Daniel Jost (SLAC), avec Rachel Nickel du synchrotron européen ESRF à Grenoble, a étudié le tellurure de manganèse. Ce matériau était classé depuis longtemps parmi les antiferromagnétiques ordinaires.

Ils ont utilisé des rayons X polarisés « en spirale », tournant vers la gauche ou vers la droite. Le matériau diffuse ces deux types de rayons de façon différente. Un antiferromagnétique ordinaire les traiterait pareil : la différence est la signature de l'altermagnétisme, parce qu'elle trahit une chiralité, une sorte de « main gauche / main droite » du matériau.

L'expérience a été faite une première fois en 2024, puis refaite début 2025 avec les mêmes résultats. L'étude, intitulée « Chiral altermagnon in MnTe », est parue dans Science (communiqué du SLAC daté du 29 octobre 2026, repris par ScienceDaily le 4 novembre).

Ce que ça ne prouve pas (encore)

  • La confirmation repose sur un seul matériau.
  • On ne sait pas encore contrôler ces états magnétiques avec de la lumière ou de l'électricité : c'est la prochaine étape annoncée.
  • Les applications (mémoires, puces, quantique) sont des perspectives. L'article source précise qu'un développement important reste nécessaire avant tout usage large, sans donner de date.

Alors, ça change quoi ?

Dans ton téléphone ou ton PC ? Pas avant longtemps : aucun produit n'est annoncé. C'est de la physique fondamentale, et c'est ce qui la rend intéressante : elle répond à une question vieille de 90 ans.

Le sujet vaut le détour parce qu'il touche un vrai problème actuel : l'IA et les data centers consomment énormément, et toute mémoire ou puce plus sobre est bienvenue. Mais entre une mesure sur un cristal en laboratoire et un composant dans un appareil, il se passe souvent plus de dix ans. On en reparlera quand quelqu'un aura montré un composant qui fonctionne.

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Préparé avec l'aide de l'IA à partir des sources, puis relu et validé par Valentin Fouilloud avant publication. Comment on travaille

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